L’intelligence et la curiosité scientifique

L’intelligence nous rend telle qu’on sait ce que semblent montrer les travaux du chercheur américain Dan Kahan (voir dans la description). Dans une célèbre expérience, il demanda des participants de résoudre un petit problème avec des statistiques imaginaires qui parle de l’utilité des armes à feu. Les participants mauvais en maths ont des résultats à peu près similaires, mais pour les participants bons en maths, et bien, ça dépend de leur alignement politique.

Les participants démocrates ont deux fois plus de chances de se tromper si la bonne réponse semble être en faveur des armes à feu, et inversement pour les participants républicains. Dans une autre expérience, on demande aux participants leur avis sur l’origine humaine du changement climatique. Les gens qui s’y connaissent pas trop en sciences, ils savent pas trop. Par contre, les gens qui s’y connaissent beaucoup en sciences, bien, encore une fois, la réponse dépend de leur alignement politique.

Les démocrates gros cerveaux sont quasi certains excès d’origines humaines, et les républicains gros cerveaux sont quasi certains que non. Bref, il semblerait que lorsqu’on est intelligent et cultivé, cela ne nous fait pas convergé vers la vérité avec un grand V. Au contraire, cela semble nous fournir des armes intellectuelles pour trouver des justifications à nos intuitions morale et politique.

Autrement dit, plus nous sommes intelligents et cultivés, plus nous sommes doués pour nous autres bullshit, et sur certains sujets. Et donc, au final, plus nous sommes qu’on ce qui est un petit peu embêtant, vu comparses font du principe que dans un pays démocratique, pour prendre de bonnes décisions, il faudrait simplement que les gens soient bien éduqués et bien informés, et que pour cela, il suffirait, par exemple, de les asperger de culture scientifique et d’esprit critique.

Sauf qu’en fait, 120 certaines précautions, il se pourrait bien que cela aggrave la situation. Mais est-ce qu’il n’y aurait pas un antidote à soleure ? Et bien, les travaux de Kahan semblent suggérer une piste intéressante, qui serait la curiosité scientifique. Pour la mesurer, par exemple, on note combien de temps une personne regarde un petit documentaire scientifique qu’elle peut stopper à tout moment, et à quel point à trouver le contenu intéressant.

En passant, cette caractéristique est distincte de la capacité à comprendre la science. C’est plutôt le plaisir de comprendre les choses. D’ailleurs, les deux sont très faiblement corrélés. Il n’y a pas besoin d’être un génie pour être curieux. Et de façon inattendue, les études de Kahan nous ont montré que les personnes les plus curieuses étaient également les moins sujettes aux raisonnements motivés, quel que soit leur bord politique.

Sur l’origine humaine du changement climatique, les personnes les plus curieuses y croient davantage un temps chez les démocrates que chez les républicains. Dans une autre expérience, les participants devaient choisir des articles scientifiques à l’ira, et là, encore, les personnes curieuses étaient beaucoup plus susceptibles de choisir les articles dont le titre à l’aiea de leurs narratif politique, quel que soit leur bord politique. Ce qui semble suggérer un réel désir d’apprendre quelque chose de nouveau plutôt que de confirmer une croyance existante.

Alors, bien sûr, ce n’est qu’une piste, mais cela semble suggérer que l’on pourrait réduire les divisions politiques en stimulant l’envi de comprendre et de découvrir chez le grand public.