Confinement ou mesures préventives ?
Bon, et bien, voilà, c’est finalement arrivé : nouvelle explosion des contaminations, nouvelles paniques, nouveau confinement.
Sauf que cette fois, c’est beaucoup plus difficile à excuser.
Alors, bien sûr, plein d’autres pays sont dans la même situation, comme l’a bien bien bien rappelé Emmanuel Macron dans son discours télé pour essayer de relativiser.
Mais il y a également plusieurs pays qui ont su garder l’épidémie sous contrôle : Corée du Sud, Taïwan, Nouvelle-Zélande, Vietnam…
Et ces pays ne font rien de fondamentalement différent de ce qu’a fait la France durant ces derniers mois. Ils le font juste beaucoup mieux.
Alors, qu’est-ce qui nous empêche de faire aussi bien ?
Bon, déjà, pour commencer, peut-être le fait qu’on parle extrêmement peu de ces pays en France ou dans les pays voisins.
Pas forcément en raison d’un raider boli complot des médias, mais plutôt, j’ai l’impression, parce que ben, là, parce que ça nous intéresse pas trop, au fond, voilà.
Chacun fait sa petite gestion de crise sanitaire dans son coin.
Mais ok, imaginons par exemple que tous les soirs au journal de 20 heures, il y ait un reportage de deux minutes contre la différence de succès entre la France et ces pays-là en terme de gestion de l’épidémie, par un assez bon qu’on pourrait appeler, ne sais pas, est-ce que ça changerait vraiment quelque chose ?
Et bien, vu toutes les discussions que j’ai eues sur le sujet, je dirais pas tant que ça, en fait.
Parce qu’atteindre les mêmes qualités de gestion que ces pays-là en France, malheureusement, s’appliquerait des mesures contraignantes.
Déjà, il y a tout ce qui est respect des gestes barrières.
Alors, je sais que notre premier ministre a dit récemment qu’il fallait être fier d’être français, mais quand on compare à le respect des gestes-barrières en France et en Corée du Sud, par exemple, ben, c’est très très difficile d’être fiers d’être français, là.
Mais le sujet qui pique, c’est surtout la fameuse approche « tester, tracer, isoler », c’est-à-dire trop chercher les cas contact des personnes récemment testée positive pour éviter notamment la fameuse contagion avant symptômes qui rend cette épidémie aussi difficile à contrôler.
Et en France, oui, bon, on fait ça, mais avec à peu près autant d’énergie et de conviction que dépouillement de bulletins de vote dans le Nevada.
Alors qu’à Taïwan, en Corée du Sud, par exemple, tous les moyens possibles et imaginables sont mobilisés pour retrouver un maximum de cas contacts à la moindre belle contamination : l’utilisation de données GPS, de caméras de surveillance, historique de paiement par carte bancaire…
Et surtout, pour aborder le sujet qui fâche le plus, il y a une espèce de police ducobu qui peut venir vous voir à tout moment et et vous prie de bien vouloir vous isoler pendant une ou deux semaines.
Et refuser n’est pas vraiment une option.
Et oui, oui, tout ça, c’est un petit peu liberticide.
Mais vous savez ce qui est encore plus liberticide ? Un confinement généralisé de plusieurs semaines, voire de plusieurs mois, avec une attestation à remplir pour la moindre sortie et des peines d’amendés, voire de prison, le cas échéant.
On évoque souvent le risque de dérive autoritaire, mais encore une fois, niveau risque de dérive autoritaire, qu’est-ce qui est pire : le traçage fuir moustache et la sud-coréenne, ou bien le confinement généralisée à la française ?
A, surtout, ce deuxième confinement, la tient à petit arrière goût de pastilles Vichy, entre le travail et l’école obligatoire et le ban des produits non essentiels dans les supermarchés.
Mais ça, bizarrement, on l’accepte beaucoup plus facilement.
Oovoo, plus exactement, où il accepte parce que on est au pied du mur, qu’on a alors le choix entre ça et le débordement complet des hôpitaux suivi d’une hécatombe.
Et tout ça me fait penser au fameux dilemme du tramway.
Pas pour l’histoire de choisir les personnes à soigner à l’hôpital, comme ça a déjà été largement discutée, mais plus généralement pour le choix de notre politique sanitaire.
Dans le dilemme du tramway, un tramway hors de contrôle fond sur une voie où trois personnes sont attachées, et on peut dévier sa trajectoire en tirant sur un levier, ce qu’il enverra sur une autre voie où il va écraser seulement une personne.
Ce qui est intéressant ici, c’est que l’immense majorité des gens, dans l’absolu, préfère sauver trois personnes à une personne.
Mais dans ce scénario précis, il faut tirer sur le levier, et donc, d’une certaine manière, se salir les mains et avoir une sorte de responsabilité morale dans la mort d’une personne.
Alors que si le tramway poursuit sa trajectoire par défaut, abbas était vraiment mon problème.
Est là, similairement, on a le choix entre une approche qui nécessite des mesures contraignantes et impôts liberticide, et une autre approche qui est pire sur tous les plans : beaucoup plus contraignantes et liberticide, mais aussi beaucoup plus de dégâts économiques, beaucoup plus de morts, sans parler des séquelles du Covid et des dégâts en terme de santé mentale.
Sauf que la première approche nécessite d’agir préventivement, et donc, d’une certaine manière, de se salir les mains en bas, fois un peu nos principes de liberté, toussa, toussa, principe qui seront encore plus bafoués dans la seconde approche.
Sauf que là, à bains, où le fait parce qu’on est au pied du mur, ans, et donc, d’une certaine manière, on se sent moins un responsable parce qu’on a alors les excuses de ne plus avoir le choix.
Cette explication peut sembler un peu alambiqué, mais c’est vraiment ce qui ressort des conversations que j’ai eues avec des congénères français sur le sujet des mesures préventives un peu libertis.
Là, ça, beaucoup de gens, c’est non, c’est contraire à nos principes, ça ne doit même pas être une option sur la table, point final.
Par contre, des mesures encore plus liberticides, une fois qu’on est au pied du mur, ben, ok, ça fait chier, mais comme on n’a plus le choix, au final, ça passe.
Sauf que, en ne prenant pas de mesures préventives suffisantes, nous avons, d’une certaine manière, choisi de me retrouver à nouveau au pied du mur, haut, et d’être à nouveau obligé de confiner.
Est vu comme c’est parti, j’ai bien peur que ce confinement-là ne soit pas le dernier, si rien ne change.
Après ce confinement-là, on va encore se contenter de faire du traçage nous est approximatif, on va encore avoir une croissance exponentielle discrète que personne ne remarquera au début et dont on fera mine de s’étonner ensuite, puis re-re panique, puis re-re confinement.
Alors, après ce confinement-là, est-ce qu’il ne faudrait pas vraiment commencer à essayer de contrôler l’épidémie, au lieu de juste vaguement faire semblant, même si elle nous coûte un peu ?
N’hésitez pas à dire ce que vous en pensez en commentaire.