« La mort fait partie de la vie » et les mesures sanitaires
Parti 12e, j c’est une fois ce que vous avez sans doute entendu, voire même prononcé, durant ces derniers mois, sur des plateaux télé, sur les réseaux sociaux, dans des repas de famille. En gros, à un moment donné, quelqu’un va commencer à se plaindre des mesures sanitaires contraignantes, du genre port du masque ou confinement. Une autre personne va lui rétorquer que c’est pour sauver des vies. Hélas, une punchline qui vient naturellement, c’est : « La mort fait partie de la vie. »
Et on ne devrait pas utiliser ce genre de phrases, idéalement, déjà parce que son sens est très ambigu.
Est-ce une affirmation descriptive ?
Est-ce que c’est juste une affirmation descriptive, du genre : « Dans la vie, il y a des gens qui meurent » ? Effectivement, mais dans ce contexte, ça semble vouloir dire davantage que ça. Ça semble vouloir dire qu’il faut accepter que des gens meurent parce que ça fait partie de la vie.
Et du coup, si on recolle les morceaux : « Il faut accepter que des gens meurent parce que il y a des gens qui meurent. » Mais dit comme ça, ça sonne beaucoup moins profond et beaucoup plus circulaire.
Est-ce vraiment la raison pour laquelle on rouspète contre les mesures sanitaires ?
Ben, à probablement pas. Si, pour sauver des vies en question, il suffisait de faire l’effort d’appuyer sur un bouton, tout le monde serait d’accord, et ça ferait pas débat. Personne ne viendrait dire : « Ouhlala, ah non, il ne faut surtout pas appuyer sur ce bouton parce que la mort fait partie de la vie. »
Non, si on rouspète, c’est parce qu’on trouve, à tort ou à raison, que le prix à payer pour sauver ces vies-là, bas, il est un petit peu trop élevé à notre goût.
Mais du coup, si on disait ça explicitement, ben, salman à le débat sur quel est le bon compromis entre les vies sauvées et les conséquences négatives du confinement, par exemple, ce qui est une discussion beaucoup plus intéressante et qui n’a pas grand-chose à voir avec le sens métaphysique de la vie et de la mort.
En passant, cette question, on l’a déjà tranchée pour la grippe saisonnière. Même si ça tue pas mal de temps chaque année, on estime que ça ne vaut pas la peine de faire un confinement généralisé pour les sauver. Inversement, s’il s’agissait d’un virus luc raconte à jurer avec un taux de mortalité de 90 %, là, je pense que tout le monde serait d’accord pour confiner.
Le COVID-19, il se situe quelque part entre la grippe saisonnière, pour laquelle tout le monde est d’accord pour ne pas confiner, et ce virus imaginaire de l’apocalypse, pour lequel tout le monde serait d’accord de confiner. Donc, c’est bel et bien l’histoire de compromis, et pas de grands principes absolus de la mort qui fait partie de la vie, où je sais pas quoi.
Donc, déjà, elle n’utilisait pas ce genre de phrase à chaque fois que vous le faites à un bébé par gaulle 1,1 meur quelque part en expulsant un nouveau virus dans son dernier souffle.
Et si c’est votre oncle Hubert qu’il utilise, est bien plutôt que de vous énerver, vous pouvez essayer de l’amener à reformuler plus clairement ce qu’il veut réellement exprimer à travers cette phrase.