La rhétorique de Donald Trump et ses conséquences

Bon, alors je sais pas pour vous, mais je trouve que l’actualité est légèrement tendue en ce début d’année 2021, au moment où j’ai fait ce script. Je me dis qu’il a de bonnes chances d’être encore dépassé par l’actualité lorsque je vais publier la vidéo. Je parle bien sûr de la fin de mandat traa mouvementée du président Donald Trump.

Et pendant ces quatre dernières années, il y a un truc qui m’a pas mal embêté, et donc je voudrais parler ici. Bon, allez, en gros, deux épreuves : il y a les gens qui l’adorent, qui a les gens qui le détestent, sans surprise, mais il y a aussi une grosse proportion de gens qui clairement ne sont pas fans de Trump, voire même qui désapprouve pratiquement tous ses faux politiques, mais qui considère que, au fond, c’est juste un président républicain comme un autre. Autrement dit, que sa rhétorique incendiaire qui le rend si particulier, ben c’est juste du théâtre, du cinéma, que c’est sans grande importance, et qu’il faut pas trop y prêter attention.

Et autant je suis d’accord pour dire qu’il ne faut pas réagir à chaque petites phrases provocantes d’un politicien, car c’est comme ça qu’ils occupent l’espace médiatique, autant je ne suis pas d’accord pour dire que Trump est juste un président républicain comme un autre.

Alors, oui, certes, il y a plein de républicains ultraconservateurs qui pourraient avoir des politiques similaires sur l’immigration, sur la fiscalité, sur l’écologie, mais la politique, ça ne se résume pas à un ensemble de mesures et de réformes. Il y a aussi la manière dont va politiciens s’adresse à son électorat. Et sur ce plan, ce qui le rend un peu si particulier, c’est qu’il franchit plusieurs limites que ses prédécesseurs n’osaient pas franchir.

Par exemple, en 2016, il ne proposait pas juste de construire un grand mur pour fermer la frontière sud du pays, il disait aussi ce genre de trucs : « Les soul voleurs, des violeurs, en lui foule d’elliot jus avec frêche », ou à propos de sa rivale Hillary Clinton, il ne disait pas juste qu’elle était impliquée dans telle ou telle affaire louche, il répétait sans relâche « Lock up », c’est-à-dire « Sous clans », ou à propos du coronavirus, il ne se contente pas juste de critiquer la Chine pour sa mauvaise gestion initiale de l’épidémie, il persiste à appeler le virus non pas au kevin 19, mais « le virus chinois », dans un contexte de hausse très importante des agressions sur les personnes asiatiques.

Et dans ses meetings politiques, à chaque fois qu’il se lance dans une envolée incendiaires de ce genre, ses supporters sont complètement galvanisés et électrisés, bien davantage que dans des meetings de républicains ordinaire. Et c’est là que beaucoup de gens disent : « Ouais, mais bon, c’est juste du théâtre, c’est juste un effet de style, et puis au moins, au moins 100 du pain avec lui. »

Sauf que galvaniser ses supporters jusqu’à l’extrême comme il est si doué pour le faire, ce n’est pas sans conséquences. Et les conséquences, on en a vu la culmination le 6 janvier, lorsqu’il a chauffé à blanc ses supporters, puis leur a dit de marcher dans le capital, en ajoutant : « Nous reprendrons pas oubliés avec de la souplesse. Il faut montrer leur force. »

Bon, là, je suis obligé de faire une parenthèse, car vu la manière dont beaucoup de médias ont traité la faire, certains pensent que c’est juste deux ou trois guignols costumés qui se sont introduits dans le bâtiment. Sauf que non, il y avait aussi des gens beaucoup plus nombreux et violents qui scandait par exemple pendant mike pence : « Pendons mike pence », et s’il l’avait chopper, je ne pense pas qu’ils lui auraient fait des câlins et des bisous.

Il y avait aussi des armes, des bombes artisanales, du matériel de prise d’otage, un policier tué à coups d’extincteur (voir dans la description). Si les membres du congrès n’avaient pas été évacués à temps et avait été attrapé par ses supporters complètement chauffé à blanc, ça aurait pu beaucoup plus mal tourné.

Alors, bien sûr, au pied de la lettre, Trump n’a pas explicitement appelé à cela, et de toute façon, je vais pas spéculer sur ses intentions ici. C’est pas l’objectif, mais justement, ça montre les limites du fait de prendre les discours politiques uniquement au pied de la lettre. Selon la manière dont ils sont en tournée, ils peuvent appuyer sur certains boutons psychologique de leur audience, ce qui inclut certains boutons très dangereux, et ça a des conséquences.

Il pas juste sur le moment, ça participe également à la radicalisation de toute une partie de la population. Par un sondage récent, montre que près de la moitié des électeurs républicains approuvent la surrection de capital (voire dans la description). Bref, ce que je veux dire ici, c’est qu’il est dangereux de choisir des lits à quelqu’un uniquement en fonction de son programme politique. Il faut aussi prendre en compte la rhétorique qui l’emploie pour aborder divers sujets, parce qu’elle a des conséquences très concrètes.

Et même si on ne vote pas pour cette personne, il est dangereux d’écarter cet aspect d’un revers de la main, comme j’ai vu tellement de gens le faire pendant quatre ans. Parce qu’en faisant ça, on se rend aveugle à certains trucs qui peuvent être très dangereux, et on reste passif par rapport à tout ça.

Ce qu’il restera du mandat de Donald Trump, ce n’est pas juste ces réformes politiques qu’aurait très bien pu faire son vice-président Mike Pence pour la plupart d’entraîneur. C’est surtout une radicalisation sans précédent de la population américaine, un gros élargissement de la fenêtre de Bertone vers l’extrême roth, une bien plus grande tolérance à la violence envers les ennemis de la nation, les un-traître, et ça, il l’a fait avant tout avec juste de la rhétorique.

Alors, le mandat de Trump est terminée, mais l’avenir, j’aimerais qu’on soit beaucoup moins endormi et passif par rapport aux rhétoriques politiciennes incendies, et qu’on soit davantage vigilant aux enjeux qu’il y a derrière, au lieu de s’empresser de relativiser et de minimiser tout ça pour passer pour un adulte sérieux et responsable en disant que c’est juste de la rhétorique.