La discrimination systémique et les prénoms
Un sujet qui revient souvent dans les discussions, c’est celui de la discrimination systémique : racisme systémique, sexisme systémique, tout ça, tout ça. En gros, c’est l’idée que, dans une société donnée, si on est perçu comme étant d’un certain genre ou d’une certaine origine ethnique ou d’une certaine culture religieuse, bas, toutes choses égales par ailleurs, notre vie sera plus ou moins compliquées pour trouver un logement, pour trouver du travail, ou pour entrer en boîte de nuit, par exemple.
Enfin, quand les boîtes de nuit réouvriront en 2025. Et beaucoup de gens trouvent que cette idée de discrimination systémique et rats fumeuse est spécieuse, voire même complètement infondées, notamment parce que les méthodes utilisées pour mettre en évidence et discrimination systémique ne serait pas scientifiquement solide.
Et ici, je ne vais pas rentrer dans un débat sur la solidité des méthodes utilisées en sociologie, par exemple, mais on peut remarquer que les gens qui critiquent ce genre de méthode leur pose souvent ce qu’ils appellent la méthode scientifique : ouais, en gros, des études randomisées avec groupe de contrôle. En ça, pour eux, ces robustes, c’est solide, c’est impartial, un hockey.
Et si je vous disais qu’on pouvait mettre en évidence une forme très, très marquée de discrimination systémique en utilisant une étude randomisée avec groupe de contrôle ? Un bon, là, je vous demande de faire l’effort d’aller jusqu’à la fin avant de commenter.
Il s’agit d’une étude menée par l’économiste Marie-Anne Valfort (voir dans la description). L’idée est très simple : on crée un modèle de céder, on l’envoie à plein de recruteurs différence ou le site de pôle emploi, et on regarde le taux de réponse, c’est-à-dire combien d’entretien d’embauché en décroche pour 100 cv envoyés.
En moyenne, 1 est la seule chose qui change d’un cv à l’autre, c’est le prénom indiqué sur le cd. Et comme les cv sont envoyés de façon randomisés, le seul critère qui pourrait expliquer une éventuelle différence statistique dans le dos de réponse, c’est ben le prénom.
Est-ce qu’il ressort de cette étude, c’est que pour décrocher un entretien d’embauché, il faut envoyer en moyenne à 5 cv avec le prénom Michel, et 20 cv avec le prénom Mohamed. Autrement dit, toutes choses égales par ailleurs, donc études, expérience professionnelle, loisirs, et ben Mohamed devra envoyer quatre fois plus de cd que Michel pour espérer obtenir un entretien d’embauché.
Et là, on parle pas de discrimination à l’entrée du parc Spirou, parle de trouver ce qui est quand même vachement important pour avoir un salaire, être payé, son loyer, manger. En passant, l’étude comporter au moins 1 800 cv Michel et 1 800 cv Mohamed. Il est donc extrêmement improbable que cette différence de traitement d’un facteur 4 soit juste dû au hasard.
En bon, alors je suis pas très fan du mot preuve en sciences dures comme en sciences sociales, donc désolé pour le titre, mais là, quand même, et semblerait qu’on ait mis en évidence une forme pas du tout négligeable de discrimination. Si ce public, en passant, ici, j’ai pas dit qu’il fallait blâmer les méchants recruteurs, et j’ai pas non plus spéculer sur les causes de cette différence de traitement.
Ça montre juste que si on est perçu comme étant d’une certaine origine ethnique ou culturelle, toutes choses égales par ailleurs, notre vie peut être significativement plus compliqué. Et ça n’implique pas de chercher immédiatement des coupables à guillotiner. Par contre, on pourrait au minimum se dire que pour une société qui aspire à être égalitaire, ou du mois qui aspirent à l’égalité des chances, ben c’est quand même pas terrible comme résultat.
Est qu’on pourrait essayer de rendre la société plus mieux sur ce plan-là, sauf si on considère que c’est comme ça, c’est dans l’ordre des choses, et qu’il faut surtout rien changer. Par exemple, on n’est pas obligé d’être d’accord avec les politiques de discrimination positive, mais au minimum, vous pourrez reconnaître que ça sort pas de nulle part et que ça cherche à compenser une différence de traitement bien réels et mesurables, comme on vient de le voir, et pas juste des fantasmes de militants extrémistes qui verrait des discriminations partout.
Bon, alors j’ai déjà fait quelques vidéos sur le véganisme, à un autre sujet qui a tendance à rendre des gens tous fous, et des commentaires sont restés relativement calme et courtois, donc essayons de continuer sur cette voie, en particulier, s’il vous plaît, répondez uniquement à ce que je dis dans cette capsule et pas à autre chose.
Par exemple, « Comment sait pas écrire oui, mais Rokhaya Diallo, elle a dit que oui, peut-être, mais je suis pas rancunier Diallo », et j’ai pas non plus dit qu’absolument toutes les accusations de discrimination systémique était obligatoirement fondée, mais au minimum, y en a qui le sont, et sur des aspects très importants, comme trouver du travail, par exemple.
Et il me semble que si on admettait ce constat de base, ça améliorerait la qualité des discussions sur le sujet.