La stratégie du gouvernement français face à l’épidémie
Face à la gestion de l’épidémie en France, qui est baouche, beaucoup de gens disent qu’il faudrait, entre autres, davantage de places en réanimation, qui sont une ressource critique. Et dans l’absolu, ça semble être une bonne idée. D’autant plus que ça fait des années que le personnel hospitalier se plaint du manque de moyens. Oui, mais voilà, on n’est pas dans l’absolu, on est dans un contexte où le gouvernement français appliquent une stratégie très particulière, qui a pour conséquence d’annuler très rapidement tout gain de capacité en réanimation, en augmentant le nombre de morts au passage.
Un ok, ça semble très tordu. Je vais essayer d’expliquer la stratégie du gouvernement français et de plein d’autres gouvernements. C’est de se dire : « OK, on peut laisser circuler le virus, mais il y a une ligne rouge à ne surtout pas dépasser. Cette ligne rouge, c’est les places en réanimation ne doivent pas être débordés, parce que si elle l’était, ben des gens qui auraient besoin d’être placé en réanimation ne pourraient plus l’être. Hélas, la mortalité du virus risque de beaucoup augmenté. »
Du coup, plus on s’approche de cette ligne rouge, plus le gouvernement durcit les restrictions sanitaires, afin de ne jamais la franchir. Alors, bien sûr, personne n’a envie qu’on dépasse la ligne rouge, mais on peut quand même remarquer que ce critère est loin d’être suffisant. Avoir accès à une place en réanimation, ça augmente beaucoup les chances de survie, mais à ce stade, les chances de survie est quand même pas terrible, sans parler des lourds de séquelles parmi des gens qui est survivront : séquelles pulmonaires, séquelles cardiaques, séquelles neurologiques.
En passant, c’est qu’elle ne concerne pas que les gens qui ont besoin d’être hospitalisé, elles concernent d’une part pas du tout négligeable des personnes contaminées. Je dis ça pour ceux qui pensent encore qu’atteindre l’immunité de groupe sans vaccin serait une bonne idée.
Donc, même si on avait autant de classes en réanimation que d’habitants en France, ce serait très, très loin de régler le problème de façon satisfaisante. Ce sera un peu comme dire : « C’est pas grave si plein de gens se font arracher un bras, donc on arrive à produire suffisamment de prothèse de bras. »
Bon, mais du coup, admettons qu’on soit dans un contexte où toute personne qui a besoin d’être placé en réanimation peut être placé en réanimation. Dans un tel contexte, on peut remarquer que le nombre de morts va être proportionnel au nombre de personnes placées en réanimation, vu que ces deux nombres sont eux-mêmes proportionnelle au nombre de personnes contaminées.
Et du coup, imaginons que d’un coup de baguette magique, on double le nombre de places en réanimation. Que va faire le gouvernement ? Eh bien, il va pouvoir repousser les restrictions sanitaires qu’il pensait mettre en place dans les jours suivants, mettons les repousser de une ou deux semaines, par exemple. Du coup, le virus va se diffuser davantage dans la population jusqu’à ce que le nombre de cas quotidiens lui aussi est qu’on revienne au même pourcentage d’occupation des places en réanimation.
Autrement dit, le nombre de personnes placées en réanimation au ras et bien doublé, et le nombre de morts avec lui. Autrement dit, si on a pour unique critère le nom débordement des passes en réanimation, et bien doubler le nombre de cas sans réanimation va juste permettre de déléguer les restrictions sanitaires de quelques semaines de plus, jusqu’à ce que le nombre de personnes placées en réanimation est lui aussi doublé et qu’on retrouve le même pourcentage d’occupation.
Et la situation des hôpitaux sera au final aussi pendu qu’auparavant, mais avait beaucoup plus de morts. On est donc dans une situation un peu absurdes où augmenter le nombre de personnes en réanimation proviendrait au final à augmenter le nombre de morts.
Alors, bien sûr, mon but ici, c’est pas de dire qu’il faudrait à des finances et les hôpitaux ou supprimer des places en réanimation. C’est surtout pour montrer le côté un peu absurde de cette approche, les lignes rouges qui conduit à systématiquement saturer les capacités médicales, quelles que soient les capacités médicales en question, ce qui rend tout gain de capacité médicale futile, voire contre-productif.
Et ça me semble être un bon argument parmi beaucoup d’autres pour changer de stratégie. Si ça vous intéresse, j’ai mis un article à ce sujet dans la description.