La morale d’esclaves et le véganisme
Une expression qui revient souvent sur Internet, c’est l’expression « morale d’esclaves ». En gros, une personne va parler d’injustice, de discrimination, ce genre de trucs, et là, quelqu’un va rétorquer que tout ça, c’est de la morale d’esclaves. Et notamment sur un sujet bien spécifique : celui de la souffrance animale et du véganisme. Et c’est intéressant, parce que sur ce sujet précis, je trouve ça particulièrement inadapté.
Mais qu’est-ce donc que cette morale d’esclaves ? Eh bien, c’est un concept inventé par le philosophe allemand Nietzsche. Bon, allié de vidéos de Monsieur Fille explique ça plus en détails (voir dans la description), mais je vous fais la version courte : un phénix qui parle à un pour la vie, l’IA est forts et les faibles. Le faible en vie, le fort. Il aimerait être fort, mais il en est incapable. Et du coup, par ressentiment, il va décréter que c’est immoral d’être fort. Par exemple, un pauvre va décréter qu’il est moral d’être pauvre et immoral d’être riche, alors qu’en fait, il est juste jaloux du riche. Lola et laisser ce jugement moral d’hypocrites issu du rang sentiment que Nietzsche appel morale d’esclaves.
Bon, alors je dirais pas que c’est le meilleur concept de l’univers, mais admettons. Mais sur le sujet du véganisme, bas, le végane fait le choix de ne pas manger de la viande. Justement, il ne décrète pas que c’est immoral de manger de la viande parce qu’ils seraient incapables d’en manger. Banon, n’importe qui peut manger de la viande, ont bondi, à part peut-être des personnes intolérantes à la viande, mais c’est clairement pas la majorité des véganes. Par ailleurs, manger de la viande, c’est pas comme si c’était une démonstration de puissance grandiose qui susciterait l’envie et la fée louzy. Nom est un acte tout à fait banal qui n’a rien de remarquable en soi.
Bon, ok, mais là, on pourrait objecter que, de façon plus générale, une morale d’esclaves est une morale qui n’est du ressentiment envers quelqu’un ou quelque chose. Donc, ok, là, c’est pas du ressentiment par rapport à une impuissance à manger de la viande, mais c’est peut-être l’expression d’un ressentiment liée à autre chose. Et peut-être que c’est le cas pour certains. Mais gagnant, je ne sais pas.
Prenons le cas de l’écrivain et duval Noah Harari, par exemple. Il a décidé d’arrêter de manger de la viande lorsqu’il a réalisé la quantité de souffrances gigantesque que produisait l’élevage industriel. Il ne me semble pas que ce soit une démarche liée à la rancœur ou à la jalousie ou au ressentiment, mais plutôt à de la compassion. Donc, à moins de considérer que toute préoccupation altruiste est automatiquement de la morale d’esclaves, ça rentre pas vraiment dans la case, là.
Mais au fait, on pourrait se demander : qu’est-ce qui motive l’emploi de cette expression « morale d’esclaves » pour parler du véganisme ou d’autres préoccupations altruistes ? Parce que cette expression est quand même utilisée de manière assez amère, hargneuse, voir défensive. Alors, on pourrait juste ben s’en de tous ces sujets à la base, les ignorer, tout comme on ignore une émission de télé qui ne nous intéresse pas. Mais au fond, est-ce qu’on ne se sentirait pas un peu menacé par le développement de ces nouvelles normes morales ? Si un jour, elles deviennent dominantes, qu’est-ce qui va se passer ? Est-ce que la société va nous juger, nous punir ? Non, non, on sur un film, là, et pourtant, la petite angoisse est là.
Et puis, bon, oui, ok, il y a de la souffrance animale, mais on peut pas non plus dire ouvertement qu’on s’en fiche complètement de la souffrance animale. Ça ne passerait pas très bien. Et puis, on s’en fiche pas complètement, en plus. Au fond, merde, ils font chier, les véganes, avec leur véganisme, et du coup, est-ce qu’on ne pourrait pas une forme de ressentiment envers ces gens qui parlent en faute d’alimentation, risque de changer peu à peu les normes morales ? Et est-ce que ce n’est pas ce ressentiment qui nous pousserait à qualifier ces considérations de morale d’esclaves pour les disqualifier, pour décréter qu’elles sont résidentes et méprisables ?
Bon, ok, je spécule un peu, mais il n’empêche que, lorsque je lis d’expression « morale d’esclaves » aujourd’hui sur Internet, puis que je regarde le reste du message, eh ben, très souvent, il y a comme une petite odeur de ressentiment, voir une grosse odeur, parfois. Si on veut se réclamer de la démarche de Nietzsche, il serait intéressant d’essayer de comprendre d’où vient ce ressentiment et dans quelle mesure il impacte nos évaluations morales.