Pourquoi je ne parle plus de transhumanisme
Alors, je sais pas si vous avez remarqué, mais à la base, cette chaîne parlait surtout de technologie. Bon, et à présent je parle beaucoup moins de ce sujet. On me demande régulièrement pourquoi, et bah je vais vous le dire.
Le questionnement initial
Alors, pendant plusieurs années, je me suis interrogé sur le sens de la vie (en passant, si vous voulez connaître le sens de la vie, allez écouter ma capsule sur le sujet, lien dans la description – oui, trois millénaires de questionnement philosophique résolus en moins de cinq minutes, la question est vite répondue).
Bref, plus sérieusement, il y a la question de ce que l’humanité pourrait faire une fois qu’elle aura résolu ses problèmes de base. Et le transhumanisme me semble être une piste intéressante. Mais j’ai vite réalisé que la majorité des gens n’étaient pas vraiment de cet avis, et justifiaient cela avec des arguments que je trouve être mauvais la plupart du temps (notamment le fameux « la mort fait partie de la vie », qui est devenu un slogan antivaccins entre-temps). Et j’ai donc eu ce réflexe un peu zététicien de faire des vidéos pour débunker ces mauvais arguments.
Un pessimisme croissant
Alors, est-ce que j’ai changé d’avis sur la question ? Bah, pas vraiment. Mais par contre, je suis devenu beaucoup plus pessimiste quant à la trajectoire de l’humanité.
En gros, je pense qu’il y aura des machins transhumanistes dans le futur, mais que par défaut ils seront assez dystopiques :
- D’un côté, il y aura le transhumanisme élitiste de multimilliardaires comme Jeff Bezos ou Elon Musk, qui sera sans doute à l’image de leurs petites carabistouilles hors de prix dans l’espace.
- De l’autre, le transhumanisme saveur Black Mirror du gouvernement chinois, au service du contrôle radical de la population.
Ouais, dans les deux cas, on n’est pas trop dans l’émancipation et la puissance de l’humanité, quoi.
Alors, bien sûr, je pense qu’un autre transhumanisme est possible. Mais là, franchement, vu d’où on part, c’est pas gagné. Et pour qu’il ait une petite chance de voir le jour, il faudrait déjà que la société ait certaines bases qu’elle n’a pas aujourd’hui.
Les leçons du Covid
Une bonne illustration de cela, c’est la crise du Covid. D’un côté, l’humanité a été très performante pour développer et déployer des vaccins ARN messager. Mais de l’autre, elle a été très décevante sur des aspects très basiques d’organisation et de coordination, notamment durant les premières semaines, où les différents pays du monde se comportaient comme des gamins tirant chacun la couverture de leur côté. Puis il y a eu la difficulté à faire accepter les vaccins à toute une partie de la population.
Le Covid, c’est sans doute de la rigolade face aux futures crises qui nous attendent. Donc s’il n’y a pas une nette amélioration en termes de coopération internationale et de confiance vis-à-vis des institutions, ça risque d’être très compliqué pour la suite.
Améliorer la société d’abord
On pourrait aussi parler de la consommation ostentatoire : si on se contente d’ajouter du transhumanisme par-dessus, ben on aura juste de la consommation ostentatoire version transhumaniste, ce qui restera tout aussi merdique. Ou bien encore le culte généralisé du travail, l’idéalisation d’un passé glorieux, les paniques morales sur de nouveaux produits.
Bref, là, pour le moment, je dirais que la société n’est pas dans un état d’esprit idéal pour faire émerger un futur transhumaniste que je considérerais comme positif et émancipateur. Et je ne blame personne ici, hein, c’est juste un jugement global sur l’ambiance actuelle.
Et du coup, à présent, il me semble davantage prioritaire d’essayer d’améliorer cet état d’esprit général de la société – à mon échelle de nano-influenceur boudé par l’algorithme de YouTube. Et pas juste pour ces histoires de transhumanisme (qui ne vous parlent peut-être pas du tout), mais aussi parce que je trouve ça important en soi. Ouais, même si le progrès technologique devait s’arrêter définitivement demain matin.
Par exemple, si dans le futur il y a moins de consommation ostentatoire qu’aujourd’hui (Rolex, voitures de luxe, tout ça), eh bien déjà ce sera mieux pour tout le monde, il me semble. Et ça évitera de se retrouver avec du transhumanisme ostentatoire visant à compenser des insécurités très basiques avec des solutions technologiques très complexes. Ce qui serait un peu nul et triste.
En résumé
Bref, pour résumer : l’objectif de ces petites capsules qualité Lidl, c’est de pousser vers un état d’esprit général que je considère comme davantage souhaitable de base, et qui me semble par ailleurs être un prérequis important si on veut pouvoir réaliser un transhumanisme positif dans un futur plus ou moins lointain. Ce qui commence notamment par ne pas s’autodétruire d’ici la fin du XXIe siècle. Et vu comme c’est parti, c’est pas gagné.
Alors, que pensez-vous de tout ça ? N’hésitez pas à le dire en commentaire.