Trump et Musk sont-ils intelligents
Des gens comme Elon Musk ou Donald Trump sont-ils intelligents ou stupides ? Bon alors, bien sûr, selon qu’on aime ou pas ces deux individus, cela va beaucoup influencer ce qu’on a envie de répondre. Mais prenons la question au sérieux cinq minutes.
Les partisans de la stupidité vont citer un nombre incalculable de déclarations qui semblent quand même très, très stupides, mal informées, avec des erreurs de raisonnement basiques. Et les partisans de l’intelligence vont avancer qu’on ne devient pas l’homme le plus riche du monde ou le président des Etats-Unis par accident.
Alors, qui a raison, qui a tort ? Eh bien, peut-être que la question est juste mal posée, et que c’est lié au rapport très fétichiste et réducteur que nous entretenons avec la notion d’intelligence. Vous savez, l’idée que les gens sont « plus ou moins intelligents », genre, tout court — comme si c’était une caractéristique générale.
Déjà, on peut remarquer qu’on n’a pas vraiment le même rapport avec la sportivité. On peut dire que certaines personnes sont plus sportives que d’autres, ce qui reste un jugement très vague, mais ça ne nous viendrait pas à l’idée d’assumer qu’un champion d’haltérophilie sera forcément doué pour la course à pied, ou inversement. Contrairement à l’intelligence, on ne voit pas la sportivité comme une sorte de propriété magique universelle qui s’appliquerait à tous les cas de figure, mais comme quelque chose de beaucoup plus spécifique et compartimenté.
Et pourtant, dans le cas de l’intelligence, on a des contre-exemples évidents. Pour prendre un exemple ultra cliché : une personne peut être extrêmement douée pour réseauter à une soirée d’entreprise et se constituer un bon carnet d’adresses, tout en n’étant pas très douée pour résoudre des puzzles mathématiques abstraits — ou inversement.
Et là, je n’entre même pas dans les considérations de compétences innées ou acquises. On constate juste que certains individus ont de bonnes dispositions pour certains types de tâches et moins pour d’autres, dans un contexte et une période temporelle donnés. Merci, Captain Obvious.
Et du coup, si on abandonne le prisme réducteur de « intelligent ou stupide » : pour quel type de tâches des individus comme Trump ou Musk ont-ils de bonnes dispositions ?
Eh bien, pour les tâches du type « naviguer dans les sphères de pouvoir ». On pourrait parler de « l’intelligence du boss de la mafia » : vous savez, le type très puissant qui aborde quelqu’un à une soirée et lui balance une petite phrase assassine qui va bien lui mettre la pression et le pousser à s’activer dans une direction qui sert ses objectifs.
Et là encore, c’est dans un environnement de pouvoir bien particulier : l’environnement américain, qui survalorise l’excès de confiance en soi — qui est l’une des caractéristiques principales d’individus comme Trump ou Musk. Vous savez : « Oh mon Dieu, cette personne est très, très confiante, cela veut dire que c’est une personne de grande valeur, je dois donc me soumettre à cette personne et boire ses paroles. » Ouais, le monde irait beaucoup mieux si moins de gens utilisaient cette heuristique complètement pétée. Mais c’est beaucoup moins le cas au Japon, par exemple, où ces débauches pornographiques de surconfiance sont beaucoup moins bien perçues socialement.
Et dans un genre proche, on pourrait citer la capacité à donner l’impression qu’ils croient vraiment ce qu’ils disent, peu importe à quel point c’est éclaté au sol. Après le premier mandat de Trump, de nombreux politiciens du parti républicain ont tenté de copier sa formule, mais sans grand succès, car ils n’ont pas cette espèce de sincérité désarmante dont il fait preuve lorsqu’il raconte tout et son contraire. Chez eux, ça sonne un peu faux et surjoué, alors que chez Trump, ça semble juste naturel. Et dans l’environnement politique actuel, donner cette impression, c’est peut-être beaucoup plus important que le contenu de ce qu’on raconte.
Bref, on pourrait se demander si l’attitude de Trump ou Musk est savamment étudiée, ou bien si c’est juste une sorte de biais du survivant — ouais, genre, plein de gens ont plein d’attitudes différentes, et l’attitude qu’ils se trouvent avoir les a « sélectionnés » dans la jungle du pouvoir américain. Ça, et de petites facilités liées à l’origine sociale, hein. Mais je veux dire, parmi les gens qui ont le même genre d’origine sociale, leur capacité à gravir les échelons de pouvoir n’est absolument pas contradictoire avec le fait de raconter n’importe quoi. Qu’ils croient ou non aux conneries qu’ils débitent, ils sont juste très bien adaptés à leur environnement politique ou hiérarchique — et le seraient sans doute beaucoup moins dans d’autres environnements politiques ou hiérarchiques, comme au Japon par exemple.
Bon alors, bien sûr, ces deux olibrius, c’était juste un exemple. Plus généralement, je trouve que c’est un écueil de chercher à quantifier l’intelligence des gens avec un grand I — ou symétriquement, leur stupidité. Même si des propos peuvent être stupides, hein, là c’est un autre sujet. C’est un peu comme se demander quel type de Pokémon est le plus efficace, ce qui amène aussitôt la question : « Ben, dans quel contexte ? » Et on devrait plutôt réfléchir en termes de caractéristiques, de dispositions, et d’adaptation à un environnement social donné.
Alors, que pensez-vous de tout ça ? N’hésitez pas à le dire de manière intelligente ou stupide en commentaire.